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Si j’étais Piragüero : voyage au pays de Bad Bunny

Si j’étais Piragüero

Hibernation au pays de Bad Bunny

En janvier dernier, j’ai hiberné… au soleil. Pour la première fois depuis 11 ans, je suis parti en vacances. Oui, vous avez bien lu : 11 ans.

À force de voyager avec mes bouteilles ou ma guitare, toujours avec un objectif derrière la tête, j’avais presque oublié ce que c’est que de ne rien avoir à gérer. Et même si 2-3 problèmes m’ont rattrapé en chemin, parce que c’est comme ça quand on est artisan, ça fait un bien fou d’aller voir ailleurs si on y est.

L’ailleurs en question : Porto Rico. Ce n’est pas Bad Bunny qui m’a donné l’idée, promis. Mais après 8 ans de relation avec une ilienne devenue française, il était plus que temps de poser les pieds là où elle est née. Une île coincée entre l’hyper-consommation à l’américaine et des racines pré-colombiennes encore bien vivantes. Un endroit qui remue, qui interroge, qui inspire. Je suis revenu ressourcé. Vraiment ressourcé.

Le piragüero, c’est quoi ?

Imaginez qu’il fait chaud. Très chaud.

Dans la rue, un homme pousse un petit chariot. À l’intérieur : de la glace. Il la pile à la demande, l’assemble en forme de pyramide dans un petit gobelet, et la recouvre du sirop de votre choix. Papaye, mangue, fruits de la passion… Cet homme, c’est le piragüero. Et sa spécialité, c’est la piragua.

C’est simple, c’est beau, c’est rafraîchissant. Et ça m’a parlé immédiatement.

Sauf que. Les sirops naturels chez les piragüeros, c’est rare. Très rare. Les couleurs chatoyantes cachent souvent des préparations industrielles. Et puis, la piragua, c’est considéré comme un truc pour les enfants. Les adultes, eux, passent leur chemin.

Ça m’a fait sourire (jaune) parce qu’en France aussi, on a encore trop tendance à reléguer le sirop au rang de boisson pour les moins de 12 ans. Comme si une belle saveur de romarin sauvage ou un sirop aux 5 épices ne méritaient pas mieux que d’être cantonnés aux goûters d’anniversaire.

Un artisan de sirops face à son miroir caribéen

Devant ce piragüero, j’ai eu une pensée simple : si je vivais ici, ce serait mon métier. Pas par nostalgie romantique du petit commerce, mais parce que quelque chose dans cette image me ressemble. Un homme, un savoir-faire, un produit. Du direct. Du vrai.

La différence, c’est que moi, je ne fais pas de la glace pilée avec du sirop industriel fluo. Depuis 2014, je fabrique des sirops artisanaux biologiques avec peu de sucre, des ingrédients qui ont du goût, pensés aussi bien pour un verre d’eau pétillante que pour une recette de cuisine. Pas pour seulement les enfants. Pas seulement pour les adultes. Pour celles et ceux qui veulent contribuer à un poil de saveurs dans ce monde de brutes.

Le piragüero m’a rappelé pourquoi je fais ce que je fais.

Dans la valise du retour : l’idée d’un nouveau sirop

Porto Rico m’a remis en mouvement. Et ce mouvement a pris la forme d’un nouveau sirop.

L’idée : faire écho au Xocoatl, la boisson sacrée des Mayas. Un mélange de cacao, piment oiseau et cannelle de Ceylan. La rondeur, la chaleur, la douceur. Trois ingrédients qui se tiennent et qui se répondent.

Les écorces de fèves de cacao viennent de l’atelier de Marine Schmitt, chocolatière bio dans le Morbihan depuis 2015 et fondatrice de Lady Merveilles. Une adresse que je vous conseille vraiment de découvrir : elle travaille selon la méthode bean to bar, de la fève à la tablette, et elle a même décroché un prix international en 2025. Rien que ça.

Certains d’entre vous l’ont déjà goûté lors de mes derniers événements. Vos retours ont été plus qu’encourageants, alors il arrive officiellement très bientôt.

Ce sirop devrait à terme remplacer le sirop de cannelle dans la gamme. Et d’autres choses se préparent. Des tests sont en cours, des idées mijotent. Il y aura peut-être des éditions limitées. Restez vigilant·es.

Un poil de saveurs dans ce monde de brutes… et cette fois, ça sent le cacao et le piment.