Visite inspirante du Conservatoire National des Plantes de Milly-la-Forêt
En juin dernier, à l’occasion du Marché de l’Herboriste, j’ai profité d’un passage en région parisienne pour visiter le Conservatoire National des Plantes à Parfum, Médicinales et Aromatiques. Un lieu unique où la botanique se vit en grand : allées de serres, jardins de collection, senteurs de menthe, de lavande, de sauge… tout y respire la passion du végétal. Cette immersion m’a rappelé pourquoi je fais ce métier : entretenir un lien vivant avec les plantes.
Souvenirs d’un herboriste en herbe
Dès 2005, je passais des heures le nez dans les livres d’herboristerie car je voulais comprendre comment les plantes pouvaient soutenir ma santé. C’est aussi là que j’ai découvert, non sans surprise, que le diplôme d’herboriste a été supprimé en 1941. Et oui ! C’est le régime de Vichy qui a confié aux pharmaciens le monopole de la vente de plantes médicinales (source : Herboristerie — Wikipédia)
Depuis, seule une liste restreinte de « plantes libérées » peut être vendue hors pharmacie, à condition de ne revendiquer aucune propriété médicale.
Plantes, industrie et mémoire
Pendant des siècles, les plantes ont été le socle de la médecine. Aujourd’hui, l’industrie pharmaceutique exploite d’innombrables ressources végétales, parfois jusqu’à priver des peuples autochtones de l’accès à leurs terres.
Il fut un temps où celles et ceux qui savaient soigner avec les simples étaient traités de sorciers. Comme le dit Keny Arkana : L’Histoire se répète. Et, quand un savoir échappe au contrôle des puissants, il dérange.
De la garrigue à mes bouteilles
Mon aventure de fabricant de sirop artisanal est née de cette passion. Thym, romarin, gingembre… autant d’aromatiques qui m’inspirent depuis mes années montpelliéraines, là où la garrigue embaume l’été.
Je reste clair : mes sirops ne sont pas des médicaments. La loi m’interdit d’évoquer leurs propriétés thérapeutiques, et je m’y conforme. Ce que je propose, ce sont des boissons gourmandes, à base de plantes aromatiques et médicinales.
S’ils vous font du bien, tant mieux ! Vous êtes nombreux·ses à m’avoir confié qu’un jour mes sirops ou mon concentré de gingembre, vous avaient apporté un mieux-être après en avoir bu un verre ; je savoure ces retours, sans y voir une preuve scientifique.
Mes engagements
Je crois que les plantes aromatiques, médicinales ou les épices, sont un lien vivant entre l’humain et la nature. Mon métier vise à honorer ce lien, à préserver ce qui est vrai et à le transmettre à travers mes produits.
1. Respect du vivant et origine responsable
Je choisis mes plantes et mes épices avec le même soin : cueillette ou culture locale quand c’est possible, et pour le reste, uniquement des filières d’agriculture biologique et de commerce respectueux. Ne pas épuiser la terre ni les humains, préserver la biodiversité, garantir que chaque ingrédient, d’ici ou d’ailleurs, garde sa qualité.
2. Authenticité du goût, simplicité des procédés
Mes sirops sont élaborés sans artifices : pas d’additifs qui rehaussent les saveurs. Je veux que l’on sente le parfum et le goût réel du thym, du romarin ou des épices.
3. Transmission, transparence et humilité
Je partage ce que je sais (l’origine des plantes, les pratiques de culture ou de cueillette) sans jamais prétendre à des vertus médicinales. Je respecte la loi et je reste honnête sur ce que mes produits sont (et ne sont pas), tout en rêvant qu’un jour l’herboristerie soit de nouveau ouverte à tous, dans un cadre clair et équitable.
En continuant ce chemin, je mesure chaque jour la richesse de ce lien avec le végétal…
Que ce soit en flânant dans un conservatoire, en testant une nouvelle épice ou en embouteillant un sirop, je reste animé par la même envie : partager un goût authentique et rappeler que la plante est vivante, libre, et qu’elle nous relie au monde.
Si vous voulez goûter ces saveurs et découvrir ma gamme de sirops artisanaux, vous pouvez retrouver mes produits par ici ou me rejoindre lors des événements à venir. Les partenaires et revendeurs sont aussi nombreux. À vous de choisir comment prolonger cette immersion végétale chez vous.
Savoureusement,
Patrice, le Siropier Barbu
