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Ginger Fever : l’histoire de mon concentré de gingembre artisanal, avant la hype

Vous l’avez sans doute remarqué

Depuis quelques années, le gingembre est partout. Dans les rayons des supermarchés, chez les cavistes, dans les épiceries fines, en « concentré », en shot, en kombucha, kéfir ou autres boissons « peu sucrées » et healthy. C’est devenu une tendance, une mode, une véritable « Ginger Fever » comme j’aime dire. Mais, sans vouloir me vanter, moi, j’étais là avant. Et mon histoire, c’est celle de quelqu’un qui a osé créer des produits originaux en 2014, bien avant que le monde entier se mette à vendre du gingembre.

L’histoire commence en 2002

Ma première rencontre avec le gingembre, c’était en 2002, lors d’une soirée. À l’époque, ça faisait 2 ans que j’avais décidé de ne plus boire d’alcool. Et là, sur la table de la cuisine, il n’y avait que des bouteilles alcoolisées, sauf une : une bouteille de jus de gingembre. Curieux, je me suis versé un grand verre.
Ça m’a littéralement arraché la bouche !
Mais j’ai adoré. Pendant que certains utilisaient ce jus pour faire des mojitos, moi je suis resté là à déguster mon verre pur, les yeux grands ouverts à 2h du matin, alors que tous les autres dormaient ou titubaient. Je n’avais pas conscience de ce que je venais de découvrir.
La deuxième fois, c’était avec mon prof de capoeira, brésilien, en plein hiver. Je le vois croquer dans quelque chose. « C’est du gingembre, me dit-il, c’est bon pour la gorge. » Je croque à mon tour et ça m’a rappelé ce jus magique. Depuis ce jour, je n’ai plus lâché le gingembre.
Au fil des années, j’ai exploré. Infusions, décoctions, macérations… Puis j’ai rencontré un ami hollandais qui préparait un mélange révolutionnaire pendant un festival : jus de gingembre extrait à froid, jus de citron, sucre. C’était fou. Magique. Ça a complètement changé ma vision du gingembre et de ce qu’on pouvait en faire.

2014 : la création de mes recettes

Au retour de ce festival, je me suis acheté un extracteur de jus. J’ai cherché à créer mes recettes pour faire mon propre concentré de gingembre, et mon propre sirop de gingembre. Les premières versions étaient quasi imbuvables tellement elles étaient fortes, mais c’est en étant exigeant qu’on crée quelque chose d’authentique.

À l’époque, j’avais déjà commencé à jouer de la musique en tant que musicien, auteur-compositeur-interprète. L’idée, c’était simple : ne pas dépendre uniquement de la musique. Créer quelque chose de mes mains, quelque chose qui venait du cœur, quelque chose que je contrôlais. Pas une mode, pas une tendance. Une conviction.
Quand j’ai lancé Les Sirops du Barbu en mars 2014, les boissons à base de gingembre existaient à peine sur le marché français. Quelques sirops ici et là, mais du concentré de gingembre ? Inexistant. C’était un vide. J’ai nommé mon produit « Boisson des Dragons » parce que j’ai vu des gens littéralement cracher du feu après l’avoir goûté.
J’ai choisi de faire un sirop très peu sucré (55% seulement, le minimum légal), biologique, et avec une intensité réelle. Pas du marketing, des vraies convictions. Ce sirop et ce concentré, je les ai conçus pour durer, pour qu’ils gardent leur intensité pendant des mois. Mes clients les plus anciens me le confirment : après 12 ans, ils achètent toujours chez moi.

Quand la mode arrive

En 2018-2019, une grosse marque belge arrive sur le marché avec un marketing agressif. Elle crée la demande, la tendance. Tout le monde en parle soudainement. C’est là que le gingembre devient « sexy ».
Je goûte. C’est pas mal. Mais je laisse une bouteille au frigo et reviens un mois plus tard… Le concentré est oxydé, sans saveur, sans âme. Tout le caractère du gingembre s’est envolé.
Voilà la vraie différence. Moi, ça fait 12 ans que je fabrique un produit qui tient dans le temps. Mon concentré de gingembre garde toute son intensité et certains clients le conservent pendant des années. C’est pas de la chimie, c’est du savoir-faire. Et quand on est industriel, c’est pas un problème si les gens sont obligés de renouveler leur stock tous les mois ! Quand on est artisan, c’est différent. Moi, je suis content quand les gens sont contents longtemps.
Depuis, les copieurs se sont multipliés. Quelques années plus tard, ce sont des dizaines, des centaines de nouvelles marques. Toutes la même recette, les mêmes bouteilles qui font penser à l’alcool, le même marketing : « 100% kick, 0% alcool ». Et tous les mêmes produits qui ne durent pas.
Techniquement, ce sont mes concurrents. Mais honnêtement ? Quand vous payez un concentré à 15€, 20€ ou plus et qu’il est mort au bout d’un mois, il n’y a aucune concurrence. Il y a juste une différence de qualité.

L’explosion du marché

Quand je regarde autour de moi : les shots et « concentrés » de gingembre sont partout. Lidl, Super U, Carrefour, Grand Frais, chaque épicerie fine, chaque caviste, chaque magasin bio en propose. Je mets concentré entre guillemets car les industriels se sont emparés du terme. Certains allant même jusqu’à inscrire « sirop concentré de gingembre ». Ce qui, pour moi, ne veut rien dire.
Un sirop doit contenir 55% de sucre minimum. C’est la loi. Un concentré de gingembre ? Aucune définition légale à ma connaissance. Pour moi, c’est simple : un maximum de jus de gingembre, pas d’eau (contrairement au sirop). Pas une majorité de jus de citron ou de jus de pomme, comme c’est la mode aujourd’hui avec les « shots » de gingembre, cette petite fiole de 15 à 20 ml vendue 2 à 3€ en supermarché ou magasin bio. C’est à usage unique, c’est marketing pur, et c’est devenu un produit de consommation de masse. Et au final, ça coûte une fortune quand on regarde le prix au litre !

Comparons : un shot de 20 ml à 2€ vs ma Boisson des Dragons en 25 cl, 50 cl ou 1 l, qui se dilue 10 fois. Un litre de concentré fait 10 litres de boisson. Le rapport écologique et économique n’est pas le même.
Mais le vrai problème, c’est le gingembre lui-même. Beaucoup de ces produits qui pullulent utilisent du gingembre chinois. Je ne dis pas ça pour critiquer la Chine. C’est juste que le gingembre péruvien, c’est autre chose : moins de jus, mais plus d’arôme poivré, plus d’intensité, moins gorgé d’eau. C’est un gingembre concentré en saveurs.

Le gingembre chinois ? Plus de jus, moins de caractère. Évidemment, il coûte moins cher. Et pour les industriels, c’est la logique simple : maximiser le volume, réduire les coûts. Le choix est vite vu.
Moi, j’essaye de maintenir mes tarifs tels qu’ils sont, mais à la vitesse où les choses bougent, je ne suis pas sûr de pouvoir m’approvisionner longtemps. Depuis quelques années, le prix du gingembre péruvien a simplement doublé, à cause de la demande croissante d’un marché en hype total.
C’est pas juste parce que c’est mon gagne-pain. C’est parce que je suis vraiment amoureux du gingembre, et ce n’est pas juste un créneau marketing où je me suis lancé parce que c’était la hype.
La hype du gingembre a attiré tous les requins possibles. L’agroalimentaire, c’est une histoire d’économie d’échelle, une histoire de production à grande échelle, et celui qui va faire le plus va potentiellement manger tous les autres. Mais ils m’ont pas encore mangé. Je tiens bon. Je résiste.

Les partenaires qui m’accordent leur confiance

Ce qui me rend vraiment fier, ce ne sont pas les ventes ponctuelles. Ce sont les partenariats durables. Les festivals et événements qui m’ont fait confiance dès le début, qui comprennent que proposer un vrai concentré de gingembre ou de vrais sirops biologiques, c’est proposer quelque chose d’authentique à leurs festivaliers et à leurs visiteurs.
Le Festival Funambals, le CaDansa Balfolk Festival, Paris Bal Folk, le Festival Bergueda Folk, le Folk au Morimont, le Festival Balaviris, et même le Bar à plantes médicinales de la Cité des Sciences et de l’Industrie qui nous fait confiance. Ces partenaires-là, ils auraient pu changer. Ils auraient pu prendre un gros distributeur, un produit moins cher. Ils m’ont gardé. Pourquoi ? Parce qu’ils savent que ce que je fais, je ne le fais pas qu’avec amour et conviction, pas juste avec une feuille de calcul, mais avec de vrais produits et dans des proportions loin d’être minimalistes !
Et puis il y a les plus récents : Mais Forro Por Favor, la SMAC La Cordo à Romans-sur-Isère, la SMAC 07, et j’espère que Bonjour Minuit à Saint-Brieuc, le Festival Interceltique de Lorient, Fisel ou No Logo Bzh vont bientôt rejoindre cette belle communauté.
Au printemps, c’est la belle logistique. Une palette part en direction de Lyon pour le Festival Funambals. En même temps, d’autres associations profitent du voyage. Des cartons de Boisson des Dragons partent vers les Pays-Bas pour le CaDansa. Et il y a toujours cette petite blague quand on prépare les palettes : on écrit dessus « NE PAS GERBER ! »… bien sûr, ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas vomir ! A priori, on a moins de chances de vomir mes produits que de l’alcool !
Ces événements, ces partenaires, ce n’est pas juste une histoire de rentabilité, c’est une histoire de sens. Sens gustatif tout d’abord. Et sens sociétal aussi.
Ces partenariats, c’est un vrai indicateur. Loin des modes, loin des chiffres. C’est cette relation de confiance qui dure année après année, festival après festival.

Des anecdotes qui restent

Parmi les anecdotes et les histoires rigolotes de comment les gens découvrent mes produits, il y a celle-ci : on était au marché de Noël de Saint-Malo, il faisait froid comme souvent. Deux jeunes femmes arrivent avec leurs valises à roulettes. Elles ont un train à prendre pour rentrer chez elles, mais s’arrêtent sur le chemin de la gare pour me demander : « C’est ici les Sirops du Barbu ? On veut des bouteilles du Dragon ».
Je leur demande : « Vous avez déjà goûté ? »
« Oui, hier soir on était à une soirée, on avait tous bien picolé. Au moment de partir, on ne savait plus comment on allait marcher tellement on était atteintes. Le propriétaire de la maison nous a dit : attendez, je vais vous donner quelque chose qui va vous aider. » Et il leur a donné un shot de mon concentré de gingembre, la Boisson des Dragons.
« Ça nous a réveillé, ça nous a remises en forme, on était pétillantes, on voulait plus partir de la fête tellement on se sentait bien ! Ça nous a tellement marquées qu’on a demandé ce que c’était, et on a su que vous seriez au marché de Noël. »

Autre anecdote de Noël :
Deux mamies qui sont en vacances à Saint-Malo viennent goûter mes produits et partent avec un verre de concentré de gingembre dilué avec de l’eau chaude… idéal en hiver.
Elles s’assoient et boivent leur verre tranquillement.
Puis elles reviennent me voir et l’une d’entre elles me dit : « Vous savez, j’ai de l’arthrose et je marche avec une canne depuis quelques années. Là, j’ai l’impression que votre gingembre soulage ma douleur. »
Elles sont revenues pendant plusieurs jours d’affilée pour prendre leur boisson chaude. À chaque fois, elles me remerciaient chaleureusement et me disaient qu’elles se sentaient vraiment bien après avoir bu leur verre. Et puis un jour, je les vois revenir plusieurs heures après. Et celle qui marchait avec la canne me dit : « Vous savez quoi ? J’ai oublié ma canne ! »
Voilà ce que j’aime dans mon métier : faire des produits qui crée des moments. Des moments où les gens se sentent bien. Tellement bien qu’ils reviennent à la source. Et parfois, ça change leur journée. Pas parce que je l’ai marketé à mort. Mais parce que mes produits sont bons et authentiques, tout simplement.

J’étais là avant la Ginger Fever. Et je serai là après.

Parce que quand on fait les choses bien, la mode n’a pas d’importance. Je n’ai pas créé mes produits pour suivre une tendance. Je les ai crée parce que j’aime les plantes, les épices et le gingembre… parce que je voulais faire quelque chose d’original, parce que je crois en l’idée de faire des choses avec du cœur, pas juste avec une stratégie commerciale. C’est ça, mon « Fabriqué avec Amour et Convictions ». Ce n’est pas un slogan, c’est la réalité.
Le gingembre m’a changé la vie en 2002. Je le partage avec toutes celles et ceux qui le veulent bien depuis 2014. Et je continuerai, aussi longtemps que j’aimerai ce que je fais, aussi longtemps que vous serez curieux et continuerez à me faire confiance.

Découvrir mes produits

Vous voulez découvrir mon sirop et concentré de gingembre artisanal ? Direction la boutique en ligne. Et si le gingembre n’est pas votre tasse de thé, j’ai d’autres sirops originaux à vous faire goûter : Romarin Sauvage, Thym Sauvage, Sirop aux 5 Épices, Cardamome, Cannelle. Chacun raconte sa propre histoire.

Savoureusement,
Patrice, le Siropier Barbu 🧙‍♂️